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Epargne

Qui pourra rembourser la dette de la France, à part votre épargne ?

NDNicolas Delourme
30 octobre 2026 à 16:11 3 min de lecture
Qui pourra rembourser la dette de la France, à part votre épargne ?

L’agence de notation Moody’s vient de confirmer la note de la France, pourtant championne d’Europe des prélèvements obligatoires et parmi les pays les plus déficitaires. Est-ce parce que, derrière la dette publique irrattrapable, se cache une montagne d’argent dans laquelle l’État pourrait bien finir par puiser : votre épargne ?

Mais quelle mouche a piqué Moody’s ? Alors que la France attendait son verdict avec appréhension, le couperet du 23 octobre dernier n’est finalement pas tombé ! Contre toute attente, l’agence américaine n’a pas changé d’appréciation vis-à-vis de Paris, maintenant sa note Aa3, assortie toutefois d’une perspective négative. Quant aux deux autres acteurs de la notation, Fitch et Standard & Poor’s, ils ont déjà abaissé leur appréciation à A+, un cran plus bas.

Moody’s continue donc d’accorder à la France une confiance relativement élevée. Avec une telle note, un lycéen décrocherait une mention « bien » au baccalauréat, haut la main !

Vous devez plus de 52 000 € !

Cette confiance est d’autant plus surprenante que le dérapage des finances publiques ne semble pas connaître de fin. Au deuxième trimestre 2026, la dette publique a atteint un nouveau sommet : 119 % du PIB. La France doit désormais 3 595,5 milliards d’euros, soit plus de 52 000 € par habitant. Vous devez plus de 52 000 €. Idem pour les membres de votre famille : plus de 52 000 €. Chacun. Comment comptez-vous rembourser ?

La question est bien là car il est peu probable que les créanciers s’assoient sur leur dû. Savez-vous par exemple que les compagnies d’assurances achètent des obligations du Trésor (OAT) afin d’émettre en contrepartie des contrats d’assurance-vie dont les Français raffolent encore ? De manière tout à fait schizophrène, les épargnants spéculent ainsi sur leur propre dette ! Il faut être fou. Effacer l’ardoise du pays reviendrait par conséquent à utiliser l’épargne des citoyens pour combler le passif. En voilà une idée qu’elle est bonne…

Le bon cocktail français : l’épargne et l’impôt

Car pourquoi les agences de notation ne renvoient-elles pas la France au fond de la classe, sur la rangée des cancres ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond sur les marchés financiers ? Que trouvent-ils chez nous que les autres pays n’ont pas ? Une partie de la réponse pourrait tenir en deux mots : jusqu’à hier, l’impôt ; et, demain, l’épargne ?

Les prélèvements obligatoires représentent désormais 46 % du PIB selon Eurostat, ce qui fait de la France le pays le plus fiscalisé de l’Union européenne en 2025, devant la Belgique et le Danemark. Voilà une « qualité » exceptionnelle qui n’a pas échappé aux marchés financiers.

Plus spectaculaire : selon le classement 2026 de la Tax Foundation, la France termine dernière des 38 pays de l’OCDE en matière de compétitivité fiscale, avec une note de 45,7 sur 100 ! En cause notamment, des impôts élevés sur les entreprises et de nombreuses taxes jugées pénalisantes pour l’investissement. Difficile de lever davantage d’impôt pour payer la dette. 



Votre épargne, dernier arrêt avant la faillite ?

En revanche, en matière d’épargne, la France est riche. Très riche. Et de plus en plus riche. En 2025, le taux d’épargne des ménages s’établissait à 17,9 %, selon l’Insee. Les Français détiennent désormais 3 922,3 milliards d’euros de produits de taux, dont 939 milliards d’épargne réglementée (Livret A, LDDS, LEP…) et 1 573 milliards d’assurance-vie en euros. Ajoutez à cela 2 511,6 milliards d’épargne composée de fonds propres (actions cotées et non cotées, assurances-vie en unités de compte…) et 117,4 milliards d’autres placements, et vous obtenez une manne globale de 6 551,3 milliards !

L’épargne financière des Français pèse à elle seule près de deux fois la dette nationale. Un patrimoine financier considérable auquel s’ajoutent les actifs non financiers des ménages, immobiliers pour l’essentiel. Dans le pire des cas, l’épargne passera l’éponge.

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Nicolas Delourme

Directeur de publication de Infocash